Quel arbre se couvre de rose avant même d'avoir des feuilles, et lequel attend la fin du printemps pour fleurir ? La réponse change tout pour un jardin : un cerisier d'hiver ouvre ses grappes rose clair dès mars, quand un tamaris de printemps ne fleurit qu'en mai-juin et qu'un arbre à soie, souvent rangé parmi les arbres roses du printemps, ne s'épanouit qu'en plein été.

Les sept essences comparées ici sont décrites dans le Guide des essences de Paris, publié par la Ville de Paris avec le Cerema. Ces fiches donnent pour chaque arbre son mois de floraison, sa taille adulte, son sol, sa tolérance à la sécheresse et sa rusticité : des données mesurées sur des arbres réellement plantés, plus fiables que les descriptions de catalogue.

Arbre printemps fleurs roses : le calendrier de mars à juin

Le tableau classe les arbres dans l'ordre de leur floraison. Les hauteurs sont celles d'un sujet adulte en ville ; dans un jardin, elles servent surtout à comparer les essences entre elles.

EssenceFleursFloraisonHauteur × envergureRusticitéSécheresse
Cerisier d'hiver (Prunus x subhirtella)grappes rose clairmars-avril7 m × 7 msous -15 °Crésistant
Cerisier de Sargent (Prunus sargentii)blanche à rose, parfuméemars-avril18 m × 8 msous -15 °Cpeu résistant
Arbre de Judée (Cercis siliquastrum)grappes rose vif parfuméesavril8 m × 8 m-10 à -14 °Ctrès résistant
Gainier du Canada (Cercis canadensis)rose-violet, parfuméesavril-mai12 m × 8 m-10 à -14 °Ctrès résistant
Marronnier rouge (Aesculus x carnea)panicules rose-rougemai20 m × 10 msous -15 °Cpeu résistant
Aubépine Paul's Scarlet (Crataegus laevigata)fleurs doubles rouge rosémai-juin6 m × 5 msous -15 °Crésistant
Tamaris de printemps (Tamarix parviflora)petites fleurs rose clairmai-juin5 m × 4 m-10 à -14 °Ctrès résistant

Deux familles dominent : les Rosacées (cerisiers et aubépine) et les Fabacées (les deux gainiers). Le guide indique pour les sept un potentiel allergisant des pollens nul, un point utile près d'une terrasse ou d'une aire de jeux.

Mars et avril : les cerisiers ouvrent la saison

Le cerisier d'hiver, un petit arbre pleureur

Le cerisier d'hiver est un hybride horticole de 7 m de haut pour autant d'envergure, au port pleureur. Ses grappes rose clair apparaissent en mars et avril ; la fiche parisienne parle d'une floraison « blanc-rose-rouge » qualifiée de très bon marqueur saisonnier. Le feuillage passe ensuite au rouge orangé en automne, ce qui lui donne une seconde saison d'intérêt.

Il tolère la sécheresse (classé résistant) et descend sous -15 °C. Ses deux défauts : il drageonne, c'est-à-dire qu'il émet des rejets depuis les racines, et il supporte mal la taille. Sa longévité reste courte, moins de cent ans. Arbre nectarifère, il attire les insectes pollinisateurs dès la sortie de l'hiver.

Le cerisier de Sargent, pour un grand terrain

Originaire du Japon et de Corée, le cerisier de Sargent fleurit aux mêmes mois, avec des fleurs parfumées qui vont du blanc au rose. Ses jeunes feuilles sortent couleur bronze puis virent au vert, et son feuillage d'automne passe de l'orangé au rouge. L'hiver, son écorce brun foncé et brillante prend le relais.

Il demande en revanche de la place : 18 m de haut à l'âge adulte pour 8 m d'envergure. Le guide le classe peu résistant à la sécheresse, ce qui le réserve aux sols qui restent frais en été. Comme le cerisier d'hiver, il drageonne et accepte mal la taille. Il fait partie des rares cerisiers à fleurs qui produisent régulièrement des fruits, appréciés des oiseaux.

Rameaux de gainier couverts de grappes serrées de fleurs rose violacé

Avril : les gainiers fleurissent sur le bois nu

L'arbre de Judée, rose vif jusque sur le tronc

L'arbre de Judée est le plus spectaculaire des arbres à fleurs roses d'avril. Ses grappes parfumées, d'un rose vif, sortent avant les feuilles, sur les rameaux, les branches et parfois même sur le tronc. En tombant, elles forment un tapis rose au pied de l'arbre. Les feuilles, rondes et vert bleuté, débourrent en bronze ; de longues gousses plates restent accrochées tout l'hiver et nourrissent notamment les mésanges.

Originaire de l'est du bassin méditerranéen, il atteint 8 m pour 8 m d'envergure et pousse lentement. Le guide le juge très résistant à la sécheresse et aux épisodes de chaleur, rustique entre -10 et -14 °C, et indifférent à la nature du sol tant qu'il est au soleil. Sa longévité est estimée entre 100 et 200 ans. Seule réserve relevée par les jardiniers de la Ville : l'arbre est difficile à former, et il se plante idéalement à 10 m d'un autre arbre.

Comme toutes les Fabacées, il enrichit le sol en azote. À Paris, des sujets remarquables se trouvent aux jardins du Trocadéro.

Le gainier du Canada, la version nord-américaine

Le gainier du Canada fleurit un peu plus tard, en avril et mai, avec des fleurs rose-violet en forme de papillon, elles aussi avant les feuilles. Il monte plus haut que son cousin méditerranéen, jusqu'à 12 m, pour 8 m d'envergure. Ses rameaux en zigzag et son feuillage d'automne, jaune puis orange-rouge, prolongent l'intérêt de l'arbre bien après la floraison.

Il partage la même résistance à la sécheresse et la même rusticité que l'arbre de Judée, mais la fiche le note sur sol argileux. Son nectar, produit tôt en saison, attire les pollinisateurs.

Mai et juin : marronnier rouge, aubépine et tamaris

Le marronnier rouge, un grand arbre d'ombrage

Le marronnier hybride rouge porte en mai de grandes panicules dressées rose-rouge, plus proches du carmin que du rose tendre. C'est un arbre majestueux : 20 m de haut, 10 m d'envergure et une longévité de plus de 200 ans. Son ombre est dense et sombre, ce qui en fait un arbre de parc ou de grand terrain plutôt que de petit jardin.

Il accepte le soleil ou la mi-ombre et préfère un sol sableux ou riche en matière organique, mais résiste mal à la sécheresse. Ses racines superficielles sont traçantes. Ses fruits, des marrons dans une capsule, sont toxiques ; le guide signale d'ailleurs leur chute à l'automne comme une gêne, ainsi que la mineuse du marronnier parmi ses parasites.

L'aubépine Paul's Scarlet, des fleurs doubles en mai

L'aubépine rose Paul's Scarlet est une forme horticole de l'aubépine lisse. De mai à juin, ses corymbes de fleurs doubles passent du rouge rosé au rose pâle. Avec 6 m de haut pour 5 m d'envergure et un port ovoïde, elle se loge dans un petit jardin.

Elle résiste à la sécheresse et au froid (sous -15 °C). Ses cenelles, des petits fruits rouges, nourrissent la faune en fin d'été. Deux points de vigilance : elle porte des épines, et elle peut être touchée par le feu bactérien, une maladie classée organisme réglementé.

Le tamaris de printemps, le plus léger des sept

Le tamaris de printemps couvre sa ramure de minuscules fleurs rose clair en mai et juin, au-dessus d'un feuillage en fines écailles vert gris. C'est le plus petit de la sélection : 5 m de haut pour 4 m d'envergure, avec une croissance rapide.

Très résistant à la sécheresse et à la chaleur, rustique entre -10 et -14 °C, indifférent au sol, il supporte bien la taille. Sa silhouette aérienne donne peu d'ombre, ce qui peut être un avantage au bord d'une terrasse ensoleillée.

L'arbre à soie, un arbre à fleurs roses d'été

L'arbre à soie (Albizia julibrissin) revient souvent dans les listes d'arbres à fleurs roses, à tort pour le printemps : ses plumets d'étamines roses à pourpres s'ouvrent de juin à août. Sa rusticité est aussi plus limitée, entre -5 et -9 °C seulement, ce qui le réserve aux régions douces. Il mesure 12 m pour 8 m d'envergure, a des racines superficielles traçantes et, selon la Ville de Paris, ne supporte pas d'avoir un revêtement à son pied. Pour qui cherche du rose en avril, ce n'est pas le bon arbre ; pour prolonger la saison après les cerisiers, il complète bien la série.

Cime d'un marronnier aux grappes dressées de fleurs rose-rouge sous un ciel nuageux

Choisir un arbre à fleurs roses selon son jardin

La place disponible

La hauteur adulte est le premier filtre. Sous 7 m, trois essences conviennent à un petit jardin : le tamaris de printemps, l'aubépine Paul's Scarlet et le cerisier d'hiver. L'arbre de Judée (8 m) demande un peu plus d'espace, surtout en largeur. Le gainier du Canada, le cerisier de Sargent et le marronnier rouge sont des arbres de grand terrain.

Les distances de plantation relevées par la Ville donnent un ordre de grandeur : 5 m au moins autour d'un tamaris, 6 m pour les cerisiers et l'aubépine, 7 m pour le gainier du Canada et l'arbre à soie, 10 m pour l'arbre de Judée.

Le sol et l'eau

Un jardin au sol sec en été oriente vers l'arbre de Judée, le gainier du Canada ou le tamaris, tous trois classés très résistants à la sécheresse. Le cerisier d'hiver et l'aubépine suivent, classés résistants. Le cerisier de Sargent et le marronnier rouge, peu résistants, ont besoin d'un sol frais.

Près d'une piscine ou d'une terrasse

Au bord d'une piscine, la floraison a un revers : les pétales finissent dans l'eau. L'arbre de Judée, dont les fleurs forment un tapis au sol, et le marronnier rouge, qui ajoute la chute des marrons à l'automne, se plantent donc à distance du bassin. Le tamaris, au feuillage fin et à l'ombre légère, s'intègre plus facilement près d'une terrasse ; pour masquer un vis-à-vis, il se combine avec d'autres solutions décrites dans notre article sur la terrasse sans vis-à-vis.

Pour garder du rose après le printemps, des arbustes prennent le relais au pied des arbres, comme l'hortensia, dont la couleur dépend du sol.

Les contraintes à connaître avant de planter

Chaque arbre rose a ses défauts, que les fiches parisiennes ne cachent pas :

  • Drageons : les deux cerisiers émettent des rejets depuis leurs racines, à surveiller près d'une pelouse.
  • Taille : les cerisiers la tolèrent mal, l'arbre de Judée est difficile à former, le tamaris l'accepte bien.
  • Épines : seule l'aubépine Paul's Scarlet en porte, à éviter le long d'un passage d'enfants.
  • Maladies : l'aubépine est sensible au feu bactérien ; le marronnier rouge à la mineuse.
  • Fruits : les marrons du marronnier rouge sont toxiques ; les gousses des gainiers et les cenelles de l'aubépine sont surtout utiles aux oiseaux.
  • Froid : l'arbre à soie ne descend qu'à -5 à -9 °C, quand les autres supportent au moins -10 °C.

Pour caler la plantation et l'entretien sur l'année, le calendrier du jardin et de la piscine récapitule les travaux mois par mois.

Questions fréquentes

Quel arbre fleurit rose au printemps avant les feuilles ?

L'arbre de Judée et le gainier du Canada fleurissent avant leurs feuilles, en avril, avec des fleurs portées directement sur le bois. Le cerisier de Sargent fleurit lui aussi avant les feuilles, dès mars-avril.

Quel arbre à fleurs roses pour un petit jardin ?

Le tamaris de printemps (5 m), l'aubépine Paul's Scarlet (6 m) et le cerisier d'hiver (7 m) sont les plus compacts de la sélection. L'arbre de Judée reste raisonnable à 8 m mais s'étale autant en largeur.

Quel est l'arbre à fleurs roses le plus précoce ?

Le cerisier d'hiver et le cerisier de Sargent, qui fleurissent en mars et avril. Les gainiers suivent en avril, puis le marronnier rouge en mai.

Quel arbre à fleurs roses supporte la sécheresse ?

L'arbre de Judée, le gainier du Canada et le tamaris de printemps sont classés très résistants à la sécheresse et aux épisodes de chaleur par la Ville de Paris.

Quel arbre rose fleurit en été ?

L'arbre à soie, ou Albizia, fleurit de juin à août avec des plumets roses. Il est moins rustique que les arbres de printemps, entre -5 et -9 °C.

Sources et références

  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2023, fiche Cercis siliquastrum (arbre de Judée) — opendata.paris.fr
  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2023, fiche Cercis canadensis (gainier du Canada) — opendata.paris.fr
  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2023, fiche Prunus x subhirtella (cerisier d'hiver) — opendata.paris.fr
  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2023, fiche Prunus sargentii (cerisier de Sargent) — opendata.paris.fr
  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2023, fiche Aesculus x carnea (marronnier hybride rouge) — opendata.paris.fr
  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2023, fiche Crataegus laevigata Paul's Scarlet Hamlet — opendata.paris.fr
  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2024, fiche Tamarix parviflora (tamaris de printemps) — opendata.paris.fr
  • Ville de Paris, Guide des essences de Paris 2023, fiche Albizia julibrissin (arbre à soie) — opendata.paris.fr