Combien de temps attendre avant qu'un Osmanthus burkwoodii forme un vrai écran ? Plus qu'on ne le croit : dix à vingt ans pour atteindre sa taille adulte, selon la Royal Horticultural Society, qui le classe pourtant en rusticité H5 et lui a attribué son Award of Garden Merit.

Cette lenteur oblige à acheter des sujets déjà formés ou à patienter pour obtenir une haie opaque. En échange, l'osmanthe de Burkwood ne déborde jamais d'une saison à l'autre et se contente d'une seule taille par an, là où un laurier-cerise ou un troène en réclament deux ou trois.

Osmanthus burkwoodii, un hybride de la famille de l'olivier

L'osmanthe de Burkwood est un hybride de jardin, classé dans la famille des Oléacées, celle de l'olivier, du lilas et du troène. On le croise encore sous son ancien nom, ×Osmarea burkwoodii, sur certaines étiquettes de pépinière ou dans des ouvrages anciens : il s'agit de la même plante. Le nom anglais, burkwood osmanthus, se retrouve dans les catalogues britanniques.

Ses feuilles sont ovales, opposées, coriaces, longues de 2,5 à 5 cm, d'un vert sombre légèrement luisant. Les fleurs, petites et blanches, apparaissent en bouquets serrés à l'aisselle des feuilles au printemps. Leur parfum porte à plusieurs mètres par temps doux. Quelques petits fruits noirs peuvent suivre, mais ils restent rares et sans intérêt décoratif.

Les repères chiffrés

CritèreValeur
Hauteur adultesouvent près de 3 m, jusqu'à 4 m
Étalement adultede 2,5 m à 4 m
Temps pour atteindre la taille adulte10 à 20 ans
RusticitéH5 au classement RHS, soit environ -10 à -15 °C
ExpositionSoleil ou mi-ombre, abritée ou ventée
SolCalcaire, argileux, limoneux ou sableux, toujours drainé
pHAcide, neutre ou alcalin
FeuillagePersistant

Ces valeurs viennent de la fiche de la RHS. En France, la rusticité H5 convient à la quasi-totalité du territoire hors montagne, avec une prudence dans les fonds de vallée très froids du Nord-Est.

Où placer l'osmanthe de Burkwood

La plante tolère les quatre orientations, ce qui la rend précieuse le long d'un mur nord ou d'une clôture mitoyenne où peu d'arbustes à fleurs réussissent. Elle fleurit toutefois davantage au soleil ou sous une lumière tamisée qu'en ombre dense. Une mi-ombre lumineuse sous de grands arbres caducs lui convient bien : la RHS la cite d'ailleurs pour les jardins boisés.

Le seul vrai ennemi est l'eau stagnante. Un sol argileux compact qui reste détrempé tout l'hiver asphyxie les racines. Dans ce cas, il faut soit planter sur une butte de 20 à 30 cm, soit mélanger à la terre du gravier et du compost mûr sur une large surface, pas seulement dans le trou. À l'inverse, un sol calcaire et sec en été ne pose aucun problème une fois l'arbuste installé, contrairement à de nombreux persistants de terre de bruyère.

La RHS le recommande aussi pour les talus, où sa croissance lente évite les tailles acrobatiques.

Allée dallée bordée d'arbustes persistants taillés en boules et en colonnes

Planter un osmanthe de Burkwood, isolé ou en haie

Comme pour la plupart des arbustes vendus en conteneur, la meilleure fenêtre va de l'automne au début du printemps, hors périodes de gel et de sol gorgé d'eau. Une plantation d'automne laisse aux racines tout l'hiver pour s'installer avant les premières chaleurs.

Les gestes de plantation

  1. Réhydrater la motte en la plongeant dans l'eau une dizaine de minutes.
  2. Ouvrir une fosse nettement plus large que le conteneur, sans l'approfondir.
  3. En terre argileuse, gratter les parois de la fosse à la griffe.
  4. Libérer les racines enroulées au fond du pot.
  5. Garder le collet au ras du sol, combler avec la terre extraite enrichie de compost, tasser.
  6. Arroser généreusement et pailler.

La première année, un arrosage copieux tous les huit à quinze jours pendant les périodes sèches suffit. Au-delà de la deuxième année, l'osmanthe de Burkwood se débrouille seul dans la plupart des jardins.

Une haie d'osmanthe de Burkwood

La RHS classe l'arbuste parmi les plantes de haie et d'écran. Pour une haie libre de 1,5 à 2 m, un écartement d'environ 80 cm à 1 m entre les pieds donne un ensemble jointif en quelques saisons, à condition de partir de sujets de 60 à 80 cm. Planter plus serré accélère l'effet d'écran mais oblige les arbustes à se disputer l'eau et la lumière.

La lenteur de croissance conduit à un choix franc : acheter des plants plus grands, donc plus chers, ou associer l'osmanthe à des arbustes plus rapides dans une haie mélangée. Le cognassier du Japon, qui fleurit sur bois nu en fin d'hiver, prend le relais visuel avant la floraison de l'osmanthe. Pour un écran autour d'une terrasse, les règles de distance et de hauteur détaillées dans notre article sur la terrasse sans vis-à-vis valent aussi pour une haie d'osmanthes : la hauteur visée décide de la distance à respecter par rapport à la limite du terrain voisin.

Tailler sans sacrifier la floraison

L'osmanthe de Burkwood fleurit sur les rameaux formés l'année précédente. Tailler en automne ou en hiver revient donc à couper les futurs boutons. La RHS le range dans son groupe de taille 8, celui des persistants qui ne demandent qu'un entretien léger, effectué juste après la floraison.

Sur un sujet isolé, il suffit de retirer le bois mort et les rameaux qui dépassent ; laissé libre, l'osmanthe garde une silhouette arrondie.

Haie taillée et taille en nuage

Une taille au taille-haie ou au sécateur, juste après la floraison, maintient une haie nette sans perdre les fleurs de l'année suivante. Le feuillage menu et dense se prête aussi à la taille en nuage, une technique d'inspiration japonaise que la RHS mentionne pour cette espèce : on dégage les branches charpentières et on sculpte des coussins de feuillage à leur extrémité. La lenteur de croissance devient alors un avantage, car la forme tient longtemps.

Un rabattage sévère reste possible sur un vieux sujet dégarni, mais la repousse sera lente ; mieux vaut l'étaler sur deux ou trois printemps successifs.

Un osmanthe de Burkwood en bac sur la terrasse

Sa croissance mesurée en fait un bon candidat pour un grand bac de terrasse. Comptez un contenant d'au moins 40 à 50 litres pour un sujet de 80 cm, percé au fond, avec une couche drainante et un terreau pour arbustes mêlé d'un tiers de terre de jardin. En pot, l'arrosage devient indispensable : la motte ne doit jamais sécher complètement l'été, ni baigner dans une soucoupe pleine l'hiver.

Un engrais organique au printemps et un surfaçage annuel suffisent. En hiver, la motte en bac gèle plus vite qu'en pleine terre : dans les régions froides, une natte autour du contenant la protège.

Jardinier coupant des branches feuillues avec une cisaille à long manche

Maladies, ravageurs et multiplication

La RHS décrit l'osmanthe de Burkwood comme généralement indemne de ravageurs. Le seul risque notable est l'armillaire, un champignon du sol qui s'attaque aux racines des arbres et arbustes, surtout dans un terrain où l'on a arraché de vieilles souches. Des champignons couleur miel au pied, un dépérissement brutal et des filaments blancs sous l'écorce du collet sont les signes à surveiller. Il n'existe pas de traitement curatif au jardin : on arrache le sujet atteint avec un maximum de racines et on évite de replanter un ligneux sensible au même endroit.

Pour multiplier la plante, la RHS indique le semis, peu pratiqué pour un hybride, et le bouturage semi-ligneux : en été, des pousses de l'année à peine aoûtées, effeuillées à la base, s'enracinent à l'étouffée dans un substrat sableux, souvent seulement au printemps suivant.

Burkwood ou un autre osmanthe ?

Le genre compte d'autres espèces vendues en jardinerie. L'osmanthe à feuilles de houx (Osmanthus heterophyllus) porte des feuilles épineuses et fleurit à l'automne, ce qui en fait un bon complément pour prolonger le parfum. L'Osmanthus delavayi, aux feuilles encore plus petites, fleurit lui aussi au printemps mais forme un arbuste plus étalé. L'olivier odorant (Osmanthus fragrans), très parfumé lui aussi, craint davantage le froid et se cultive surtout en pot ou en climat doux.

L'osmanthe de Burkwood reste le compromis le plus sûr pour une haie persistante et fleurie dans la majorité des jardins français. Dans un jardin sec du Midi, il cohabite volontiers avec des persistants méditerranéens comme le pistachier lentisque, plus résistant à la sécheresse mais sans parfum floral.

Questions fréquentes

Quelle hauteur atteint l'Osmanthus burkwoodii ?

Laissé libre, il atteint 2,5 à 4 m de haut et autant de large, souvent autour de 3 m, mais il lui faut 10 à 20 ans pour y arriver. En haie taillée, on le maintient sans difficulté entre 1,2 et 2 m.

L'osmanthe de Burkwood pousse-t-il vite ?

Non, c'est un arbuste à croissance lente. Pour obtenir rapidement un écran, il faut acheter des sujets déjà hauts ou l'associer à des arbustes plus rapides dans une haie mixte.

Supporte-t-il un sol calcaire ?

Oui. Il pousse en sol calcaire, argileux, limoneux ou sableux, et accepte un pH acide comme alcalin. Sa seule exigence est un bon drainage.

Quand tailler l'osmanthus burkwoodii ?

Juste après la floraison de printemps. Tailler plus tard supprime les rameaux qui porteront les fleurs de l'année suivante.

L'osmanthe de Burkwood est-il rustique ?

Il est classé H5 par la Royal Horticultural Society, soit une résistance d'environ -10 à -15 °C. En pot, la motte doit être protégée lors des fortes gelées.

Quelle différence avec l'osmanthe à feuilles de houx ?

L'osmanthe de Burkwood a des feuilles lisses et fleurit au printemps ; l'osmanthe à feuilles de houx a des feuilles épineuses et fleurit à l'automne. Les deux peuvent se compléter dans une même haie.

Sources et références

  • Royal Horticultural Society, fiche Osmanthus × burkwoodii (Burkwood osmanthus) — www.rhs.org.uk