Pourquoi un arbuste baptisé arbre aux gentianes craint-il le gel, alors que les gentianes de montagne passent l'hiver sous la neige ? Parce que le solanum rantonetti vient du Paraguay et d'Argentine, et qu'il ne doit à la gentiane que la couleur de ses fleurs. La société horticole britannique RHS le range dans sa catégorie H3, celle des plantes qui supportent des minimales comprises entre −5 et 1 °C.
Cet arbuste ne se plante donc pas pour être oublié. Sa réussite dépend d'une décision prise dès l'achat, avant même le choix du pot ou du massif : l'endroit où il passera ses mois froids.
Solanum rantonnetii, Lycianthes rantonnetii : un arbuste, plusieurs noms
Les étiquettes varient d'une pépinière à l'autre, ce qui complique la recherche d'un plant. Les orthographes rantonetti, rantonetii et rantonnetii circulent toutes dans le commerce pour désigner la même plante. La RHS retient le nom Lycianthes rantonnetii et donne Solanum rantonnetii comme synonyme ; les jardineries françaises restent en majorité fidèles à l'ancienne appellation.
L'appellation arbre aux gentianes ne dit rien de sa parenté : la plante appartient aux solanacées, la famille de la tomate et de la pomme de terre. Les Britanniques l'appellent d'ailleurs blue potato bush, le « buisson à pommes de terre bleu ». Le genre Lycianthes compte environ 150 espèces réparties entre les tropiques américains, l'Asie et le Pacifique.
Les repères de culture de l'arbre aux gentianes
| Critère | Donnée RHS |
|---|---|
| Type | Arbuste persistant, port touffu et lâche, souvent conduit au mur |
| Dimensions adultes | 1,5 à 2,5 m de haut, autant de large |
| Délai pour les atteindre | 2 à 5 ans |
| Rusticité | H3, soit −5 à 1 °C environ |
| Exposition | Plein soleil, sud ou ouest, lieu abrité |
| Sol | Limoneux, frais mais bien drainé, pH acide, neutre ou alcalin |
| Floraison | Été et automne, grappes pourpre-bleu légèrement parfumées |
| Fruits | Baies rouges |
| Ennuis sous abri | Pucerons, acarien rouge, pourriture grise |
La tolérance au pH simplifie le choix du terreau ou du massif. Le drainage, lui, ne se négocie pas : le sol doit rester frais sans jamais retenir l'eau autour des racines.
Solanum rantonetti en pot ou en pleine terre ?
Les chiffres de résistance au froid affichés dans le commerce s'étalent de −2 à −10 °C selon les pages, parfois au sein d'une même fiche. Cet écart tient en partie à ce qui est mesuré : un arbuste peut perdre sa ramure et repartir de la souche, ce qui n'a pas le même sens qu'une plante restée intacte. Le plus prudent consiste à retenir le repère de la RHS et à le comparer aux minimales réellement relevées chez soi, sur plusieurs hivers plutôt que sur le dernier.
La culture en pot, solution de la plupart des jardins
La RHS décrit la formule la plus sûre : un pot dehors à la belle saison, rentré pour l'hiver. Choisissez un contenant percé, assez lourd pour ne pas basculer au vent, car le port lâche et le feuillage persistant offrent de la prise. Un substrat allégé de sable, avec une couche de billes d'argile au fond, évite l'eau stagnante.

Sur une terrasse, ce format se place facilement en écran fleuri. Il s'intègre aux solutions présentées pour une terrasse sans vis-à-vis, à condition de lui réserver l'emplacement le plus ensoleillé et de prévoir un support à roulettes pour le déplacer à l'automne.
La pleine terre, réservée aux climats très doux
En pleine terre, la RHS évoque une survie possible en espalier dans les régions très douces. Le mur joue alors un double rôle : il restitue la chaleur reçue dans la journée et coupe les vents froids. Plantez au printemps, une fois les gelées passées, au pied d'un mur orienté au sud ou à l'ouest. La plante réclame un support, car ses rameaux souples ne tiennent pas seuls : il faut les attacher au fil de la croissance.
Arrosage et engrais pendant la belle saison
En pot, l'arrosage devient le principal travail de l'été. Le volume de terre limité se dessèche vite sous le soleil qu'exige la floraison, mais l'excès d'eau reste l'autre danger. La règle habituelle consiste à laisser la surface du substrat sécher légèrement entre deux apports, puis à arroser jusqu'à ce que l'eau ressorte par le fond et à vider la soucoupe.
Une plante en pot épuise aussi rapidement sa réserve de nutriments. Les fiches françaises conseillent un engrais pour plantes fleuries tous les 15 jours environ pendant la floraison, parfois toutes les trois semaines. Cet apport s'interrompt à l'approche de l'hiver, pour ne pas stimuler de jeunes pousses tendres au moment où la lumière diminue.
Hivernage du plant, de la rentrée à la sortie
Rentrez le pot avant la première gelée annoncée : attendre le seuil de −5 °C revient à prendre le risque maximal, d'autant que les racines en pot sont plus exposées que celles d'un arbuste en terre. La RHS recommande une serre fraîche ou une véranda, avec une humidité modérée et une protection contre le soleil le plus vif. Une pièce non chauffée, lumineuse et hors gel convient aussi. Le traitement ressemble à celui des agrumes, et la même logique vaut pour d'autres frileuses comme la fleur de tiaré.
Dans un local sombre, l'arbuste perd ses feuilles et devra les refaire au printemps, ce qui retarde sa reprise. Réduisez fortement les arrosages : une motte juste humide suffit tant que la plante ne pousse pas. Inspectez aussi le revers des feuilles, car l'abri favorise les trois ennuis cités par la RHS, à savoir les pucerons, l'acarien rouge et la pourriture grise. Aérer dès que le temps le permet limite ce dernier problème. Une serre de jardin offre la lumière nécessaire, à condition de rester hors gel.
La sortie ne se précipite pas. Les fiches françaises la situent rarement avant la mi-mai ; passez d'abord par quelques jours à mi-ombre, le temps que le feuillage s'habitue au soleil direct.

Taille : garder un port compact
Sans taille, les rameaux s'allongent et le port devient désordonné. L'intervention se fait en fin d'hiver : les conseils français situent la période de janvier à mars, avec des rameaux rabattus de moitié pour redonner une forme arrondie. Sur une plante rentrée pour l'hiver, attendre le moment où la croissance reprend permet de mieux voir le bois sain.
La RHS distingue deux conduites, avec deux groupes de taille différents : l'arbuste libre et le sujet palissé contre un mur. Le premier se reforme en boule ou sur tige, le second se limite à une charpente attachée, d'où partent des pousses latérales. Un sujet en pleine terre touché par le froid se juge au printemps : on supprime le bois mort quand les nouvelles pousses montrent où la sève repart.
Multiplier par bouture ou par semis
La RHS indique deux voies : le semis et la bouture semi-aoûtée, prélevée en été ou au début de l'automne, puis enracinée avec une douce chaleur de fond. Cette bouture a un intérêt précis ici, car elle fournit une plante de secours à hiverner sur un rebord de fenêtre lumineux si le sujet principal souffre. Le semis, lui, demande plus de patience.
Fleurs bleues, baies rouges : une plante toxique
La famille des solanacées compte des légumes, mais aussi des espèces dangereuses. La RHS signale que toutes les parties de cette plante peuvent provoquer de graves malaises en cas d'ingestion. Elle recommande de porter des gants pour la manipuler et de se laver les mains ensuite. Les baies rouges attirent l'œil : dans un jardin fréquenté par de jeunes enfants ou des animaux, retirez les fruits au fur et à mesure et placez le pot hors de leur portée.
Questions fréquentes
Solanum rantonnetii et lycianthes rantonnetii désignent-ils la même plante ?
Oui : la RHS utilise Lycianthes rantonnetii et cite Solanum rantonnetii comme synonyme. Le commerce français emploie encore souvent le nom de Solanum.
Le solanum rantonetti est-il rustique ?
Il l'est peu. La RHS le classe H3, soit des minimales de −5 à 1 °C environ. Dans les régions plus froides, un arbuste en pleine terre n'a guère de chance de durer, et le pot rentré reste la voie la plus sûre.
Quand tailler l'arbre aux gentianes ?
En fin d'hiver, avant la reprise. Les rameaux se rabattent alors de moitié pour obtenir un port compact et arrondi.
Le solanum rantonetti perd-il ses feuilles ?
Son feuillage est persistant, mais un local d'hivernage trop sombre peut provoquer leur chute. La plante les refait alors au printemps.
Où acheter un plant solanum rantonnetii ?
Pépinières, jardineries et vendeurs en ligne le proposent, en buisson ou sur tige, avec des orthographes variables. Cherchez aussi Lycianthes rantonnetii.
Peut-on le garder à l'intérieur toute l'année ?
Le plein soleil qu'il réclame le rend peu adapté à une pièce d'habitation. La RHS le cite pour la véranda ou la serre fraîche.
Sources et références
- Royal Horticultural Society, fiche Lycianthes rantonnetii (blue potato bush) — www.rhs.org.uk




