En novembre, la plupart des massifs n'offrent plus que des feuilles mortes et des tiges sèches. Le Camellia sasanqua choisit justement ce moment pour ouvrir ses fleurs blanches, roses ou rouges, souvent parfumées, alors que son cousin le camélia du Japon (Camellia japonica) attendra la fin de l'hiver ou le printemps.

Ce décalage n'est pas qu'une curiosité de calendrier. Il change la façon de le planter, de l'arroser et surtout de le tailler. Les repères qui suivent sont classés dans l'ordre où l'on en a besoin, du choix de la place jusqu'aux soucis qui peuvent apparaître sur les feuilles.

Le Camellia sasanqua en quelques repères botaniques

Le Camellia sasanqua appartient à la famille des Théacées, celle du théier, et il est originaire du Japon. Son nom d'espèce vient d'ailleurs du nom japonais de la plante, tandis que le genre Camellia rend hommage à Georg Josef Kamel, missionnaire jésuite et naturaliste qui a étudié la flore des Philippines.

C'est un arbuste persistant au port buissonnant, que l'on peut aussi conduire en petit arbre. D'après la fiche horticole de NC State Extension, service de vulgarisation américain, il atteint 1,8 à 4,3 mètres de haut pour 1,5 à 2 mètres de large, avec une croissance qualifiée de rapide pour un camélia. Les jeunes tiges, fines, sont souvent rougeâtres à violacées.

Feuilles et fleurs

Les feuilles sont épaisses, coriaces et brillantes, d'un vert foncé, parfois bronze à la sortie. Elles mesurent de 2,5 à 7,5 centimètres, ovales à elliptiques, avec un bord finement denté et une pointe. Elles sont donc nettement plus petites que celles du camélia du Japon, ce qui donne à la plante une silhouette plus fine.

Les fleurs, de 5 à 7,5 centimètres de diamètre, sont simples ou doubles et comptent de 7 à 20 pétales ondulés autour d'un bouquet d'étamines jaunes. Elles sont le plus souvent solitaires, à l'aisselle des feuilles. Chaque fleur ne dure que quelques jours et se défait en pétales, ce qui en fait une mauvaise fleur à couper, mais la plante se renouvelle pendant quatre à six semaines. Les fruits sont de petites capsules ligneuses d'environ 2,5 centimètres, qui mûrissent à l'automne.

RepèreCamellia sasanqua
FamilleThéacées (famille du thé)
OrigineJapon
Hauteur et largeur1,8 à 4,3 m, sur 1,5 à 2 m
Floraisonfin d'automne à hiver, 4 à 6 semaines
Expositionsoleil à mi-ombre, abri du soleil de l'après-midi
Solacide à neutre, humifère, drainé, jamais calcaire
Zones de rusticité (USDA)7 à 9

Sasanqua plant ou japonica : ce qui les distingue au jardin

Les jardineries vendent les deux sous le même mot de « camélia », et les confondre conduit à des erreurs de taille. Trois différences suffisent pour s'y retrouver.

  • La saison : le sasanqua fleurit de la fin d'automne à l'hiver ; le japonica, de la fin de l'hiver au printemps.
  • Le feuillage : feuilles plus petites et plus fines chez le sasanqua, plus larges et plus rondes chez le japonica.
  • La résistance aux racines pourries : NC State Extension indique que le sasanqua résiste au Phytophthora, champignon responsable de la pourriture des racines, contrairement au japonica.

La floraison d'automne offre un autre avantage. La pourriture des pétales (petal blight), qui brunit les fleurs depuis le bord vers le centre, profite surtout des temps doux et humides du printemps. Fleurissant plus tôt, le sasanqua y est moins exposé. Les catalogues anglo-saxons parlent de « sasanqua camellia » : c'est la même plante, et l'étiquette du pépiniériste fait foi pour la période de floraison de chaque variété.

Rameaux de camélia aux petites feuilles dentées, fleurs doubles blanc rosé et boutons encore fermés

Choisir la place : lumière, vent et sol acide

Exposition

Le sasanqua accepte le plein soleil comme la mi-ombre, ce qui le rend plus souple que le camélia du Japon. La source américaine recommande toutefois de le protéger du soleil de l'après-midi, du vent d'hiver et du froid. En pratique, une façade est, un pied de haie orienté au nord-est ou la lisière d'un arbre au feuillage léger conviennent bien. Une exposition au soleil levant est à éviter dans les régions froides : des fleurs gelées qui dégèlent brusquement au premier rayon brunissent en quelques heures.

Sol

Le point non négociable est le calcaire. L'espèce demande un sol neutre à acide et ne tolère pas un sol alcalin. Elle s'accommode d'une terre argileuse, limoneuse ou sableuse, pourvu qu'elle soit drainée et riche en matière organique. Un sol calcaire provoque une chlorose : les feuilles jaunissent tandis que les nervures restent vertes. NC State Extension cite le chélate de fer apporté au sol comme correction ; à plus long terme, mieux vaut cultiver en pot ou en grande fosse de terre de bruyère si le jardin est calcaire, comme pour l'hortensia bleu, qui réclame lui aussi une terre acide.

Une fois installé, l'arbuste supporte la sécheresse et un peu de sel, ce qui ouvre des possibilités en jardin côtier abrité.

Climat

La plante est classée en zones USDA 7 à 9. Dans ce système, la zone 7 correspond à des minimales hivernales moyennes comprises entre −17,8 et −12,2 °C : le feuillage résiste donc à des hivers assez francs, mais les fleurs, ouvertes en pleine saison froide, souffrent dès les premières gelées marquées. Dans les régions à hivers rudes, la floraison est souvent écourtée par le gel, même si l'arbuste lui-même passe l'hiver.

Planter un Camellia sasanqua, en pleine terre ou en pot

L'automne est la période classique de plantation, quand la terre est encore tiède ; le début du printemps convient aussi, hors gel. Le trou fait deux à trois fois le volume de la motte. On mélange la terre d'origine avec du terreau de feuilles ou de la terre de bruyère si elle est pauvre ou peu acide, et on place le collet au niveau du sol, jamais enterré : un collet trop bas reste humide et favorise les pourritures. Un arrosage copieux tasse la terre autour des racines, puis un paillis d'écorces de pin ou de feuilles garde la fraîcheur et entretient l'acidité.

En pot, le sasanqua fait partie des camélias qui se prêtent le mieux à la culture en bac, grâce à son feuillage fin. Un contenant large et profond, percé, posé sur des cales, garni de terre de bruyère mêlée d'un peu de terreau, suffit. L'arrosage à l'eau de pluie évite d'apporter du calcaire. Les racines en pot étant plus exposées au froid, on regroupe les bacs contre un mur ou on les entoure d'un voile pendant les vagues de gel.

Arrosage, engrais et paillage au fil de l'année

Les boutons de l'automne se forment pendant l'été. Une sécheresse en juillet et août est la cause la plus fréquente de boutons qui tombent avant d'éclore. Les deux premières années, un arrosage régulier pendant la belle saison est donc indispensable ; ensuite, l'arbuste supporte mieux les périodes sèches, mais un bac a toujours besoin d'eau.

Un apport d'engrais spécial plantes acidophiles, au printemps et au début de l'été, soutient la pousse et la formation des boutons. Il est inutile au-delà, et un excès d'azote fait des feuilles au détriment des fleurs. Le paillis se renouvelle chaque printemps.

Fillette tenant un sécateur au-dessus d'un arbuste, guidée par un homme âgé, un garçon à côté

Taille du camélia d'automne : juste après les fleurs

Les fleurs de l'année suivante naissent sur le bois déjà formé. Tailler au printemps ou en été revient donc à couper les boutons de l'automne à venir. La taille se fait juste après la floraison, à la sortie de l'hiver, et reste légère : on raccourcit les pousses trop longues, on retire les rameaux secs et on dégage le cœur de l'arbuste là où il devient trop dense.

Cette période donne aussi le moment pour former l'arbuste. Le sasanqua supporte bien d'être conduit en haie libre, en palissage contre un mur ou en petit arbre sur tige. NC State Extension le cite pour les haies d'intimité, les plantations le long des façades et même la topiaire. En haie mixte persistante, il se marie avec l'osmanthus de Burkwood, qui fleurit au printemps : la haie offre ainsi des fleurs aux deux bouts de la saison froide.

Ravageurs et maladies à surveiller

La cochenille est le ravageur le plus gênant selon la fiche de l'université : de petits boucliers collés sous les feuilles, souvent accompagnés de fumagine, ce dépôt noir qui se développe sur le miellat. Les pucerons, les cicadelles et les acariens (araignées rouges) peuvent aussi s'installer, ces derniers surtout en situation chaude et sèche, contre un mur exposé.

Côté maladies, la même source cite les taches foliaires, l'anthracnose, des viroses, le chancre et la pourriture des racines dans les sols mal drainés. La pourriture des pétales se traite en retirant rapidement les fleurs touchées et celles tombées au sol. Dans la plupart des cas, une plante qui jaunit ou perd ses boutons signale d'abord un sol trop calcaire, un manque d'eau l'été ou un excès d'eau stagnante, avant toute maladie.

Quelles variétés de sasanqua retenir

La fiche de NC State Extension cite plusieurs variétés, dont certaines se trouvent dans les pépinières françaises :

  • 'Yuletide' : grandes fleurs simples rouge vif, en fin d'automne et en hiver.
  • 'Cleopatra' : rose moyen teinté de bleu, semi-double.
  • 'Setsugekka' : pétales blanc argenté.
  • 'Kanjiro' : rose vif, double.
  • 'Daydream' : blanc, port dressé et rapide, recommandée pour les haies.
  • 'Moon Mist' : rose clair, simple.

Pour une haie, mieux vaut une variété dressée ; pour un pot, une variété compacte. L'étiquette indique la hauteur adulte et le mois de floraison propres à chaque obtention, qui peuvent s'écarter de ceux de l'espèce. Ceux qui aiment les arbustes asiatiques à floraison précoce peuvent prolonger la saison avec le cognassier du Japon, qui prend le relais sur bois nu à la fin de l'hiver.

Questions fréquentes

Quand fleurit le Camellia sasanqua ?

De la fin de l'automne à l'hiver. En France, les premières fleurs s'ouvrent souvent en octobre ou novembre, et la floraison se poursuit jusqu'en décembre ou janvier selon la région, la variété et les gelées. Chaque plante fleurit quatre à six semaines.

Le Camellia sasanqua supporte-t-il le soleil ?

Oui, mieux que le camélia du Japon. Il accepte le plein soleil à condition d'avoir un sol frais et d'être protégé du soleil brûlant de l'après-midi dans les régions chaudes.

Le sasanqua pousse-t-il bien en bac ?

Oui. Son feuillage fin et sa croissance régulière s'y prêtent. Il faut un bac large et percé, de la terre de bruyère, un arrosage à l'eau de pluie et une protection des racines pendant les fortes gelées.

Pourquoi mon camélia perd-il ses boutons avant de fleurir ?

Le plus souvent à cause d'un manque d'eau en été, au moment où les boutons se forment, d'un arrosage irrégulier en pot ou d'un coup de gel sur des boutons déjà gonflés. Un sol calcaire, qui affaiblit la plante, aggrave le problème.

Quand tailler un Camellia sasanqua ?

Juste après la floraison, à la fin de l'hiver. Les boutons apparaissent sur les rameaux existants dès l'été : couper tard revient à supprimer la floraison suivante.

Quelle différence avec le Camellia japonica ?

Le sasanqua fleurit en automne et en hiver, a des feuilles plus petites et résiste à la pourriture des racines due au Phytophthora. Le japonica fleurit de la fin de l'hiver au printemps, avec des fleurs souvent plus grandes et plus durables.

Sources et références

  • NC State Extension, North Carolina Extension Gardener Plant Toolbox, Camellia sasanqua — plants.ces.ncsu.edu