Combien de plantes en L fleurissent hors de l'été ? Six lignes sur vingt-deux, si l'on isole cette initiale dans le répertoire Plants for Pollinators de la RHS, la société royale d'horticulture britannique. Ce document britannique classe les plantes de jardin utiles aux pollinisateurs par période de floraison, ce qui en fait une base plus solide qu'un simple alphabet : chaque nom y reçoit une saison et un type de plante.

Reste un piège que les listes alphabétiques signalent peu. Une ligne en L au sens botanique ne donne pas forcément un mot en L en français : le genre Lonicera se dit chèvrefeuille, Ligustrum troène. Pour un jeu de lettres comme pour une étiquette de pépinière, la distinction change la réponse.

Fleur en L : les 22 lignes du répertoire, saison par saison

Le tableau reprend les entrées en L dans l'ordre de leur floraison, avec le découpage de la RHS : hiver de novembre à février, printemps de mars à mai, été de juin à août, automne en septembre et octobre. Les noms français sont des traductions usuelles ; le document d'origine donne les noms anglais.

SaisonNom françaisNom latinType
HiverChèvrefeuille des jardinsLonicera caprifoliumArbuste
HiverChèvrefeuille d'hiverLonicera fragrantissimaArbuste
HiverChèvrefeuille de PurpusLonicera × purpusiiArbuste
PrintempsLamier maculéLamium maculatumVivace
PrintempsLunaire, monnaie-du-papeLunaria annuaBisannuelle
ÉtéGesse à larges feuillesLathyrus latifoliusVivace
ÉtéLaurier-sauceLaurus nobilisArbuste
ÉtéLavandeLavandula (espèces)Arbuste
ÉtéGrande marguerite des jardinsLeucanthemum × superbumVivace
ÉtéMarguerite communeLeucanthemum vulgareVivace
ÉtéLiatride en épiLiatris spicataVivace
ÉtéTroène de CalifornieLigustrum ovalifoliumArbuste
ÉtéTroène de ChineLigustrum sinenseArbuste
ÉtéLimnanthe de DouglasLimnanthes douglasiiAnnuelle
ÉtéStaticeLimonium coriareumVivace
ÉtéLinaire pourpreLinaria purpureaVivace
ÉtéAlysse odoranteLobularia maritimaAnnuelle
ÉtéChèvrefeuille des boisLonicera periclymenumGrimpante
ÉtéLysimaque communeLysimachia vulgarisVivace
ÉtéSalicaire communeLythrum salicariaVivace
ÉtéSalicaire effiléeLythrum virgatumVivace
AutomneMarguerite d'automneLeucanthemella serotinaVivace

Ces 22 lignes couvrent 16 genres. Les quatre saisons sont inégales : 3 lignes en hiver, 2 au printemps, 16 en été, 1 en automne. Les dates valent pour un répertoire britannique ; sous un climat plus doux ou plus sec, une même plante peut fleurir plus tôt ou s'arrêter plus vite.

Novembre à février : trois chèvrefeuilles pour la lettre L

L'hiver ne compte que trois lignes, toutes du genre Lonicera, toutes classées parmi les arbustes. Pour un botaniste, la lettre L est donc présente en plein hiver. Pour un joueur de Petit Bac, elle ne l'est pas : le mot français commence par C.

Ces chèvrefeuilles ont une autre utilité. La RHS conseille de faire se succéder les floraisons sur toute l'année, et un arbuste en fleur quand presque rien d'autre ne l'est garde une ressource disponible pour les insectes encore actifs, dont les bourdons font partie.

Mars à mai : lamier et lunaire, deux noms bien français

Le printemps se résume à deux lignes, mais elles fonctionnent dans les deux langues, puisque Lamium maculatum donne lamier maculé et Lunaria annua donne lunaire. Le lamier maculé est une vivace, la lunaire une bisannuelle : la RHS la code « Bi », et non annuelle, malgré son nom latin. Le détail compte au semis, car une bisannuelle ne fleurit en principe que l'année suivante.

La lunaire porte aussi le nom de monnaie-du-pape, qui ne commence pas par L et complique parfois la recherche dans un catalogue. Pour composer un massif à cette saison, ces deux plantes basses peuvent se glisser au pied d'essences plus hautes, comme les arbres à fleurs roses de printemps.

Massif d'été mêlant hautes tiges à fleurs jaunes, touffes de fleurs rose vif et feuillage argenté

Juin à août : seize lignes pour un été en L

Les vivaces, de loin les plus nombreuses

Neuf lignes d'été sur seize désignent des vivaces. Les marguerites y tiennent une place à part : Leucanthemum donne le nom français leucanthème, plus rare en jardinerie que le mot marguerite. Sur une étiquette, les deux peuvent coexister.

La linaire pourpre, la lysimaque commune et la salicaire complètent ce groupe. La salicaire pose la même question que le chèvrefeuille : Lythrum commence par L, salicaire non, même si certains catalogues gardent le mot lythrum. Le répertoire marque par ailleurs la marguerite commune, la lysimaque commune et la salicaire commune comme indigènes au Royaume-Uni, une mention qui ne se transpose pas telle quelle à une région française.

La liatride, enfin, figure dans la liste sous Liatris spicata. Le jardinier la trouve souvent sous son nom latin, directement utilisable pour la lettre L. Le statice, lui, est rangé sous Limonium : le mot latin garde le L, le nom courant le perd.

Annuelles, arbustes et grimpante

Deux annuelles seulement apparaissent : la limnanthe de Douglas et Lobularia maritima, vendue sous le nom d'alysse odorante mais parfois appelée lobulaire maritime, ce qui lui rend sa lettre.

Côté arbustes, la lavande occupe une ligne à elle seule, car la RHS retient le genre Lavandula sans détailler d'espèce. Le laurier-sauce et les deux troènes s'y ajoutent, ainsi qu'une seule grimpante, le chèvrefeuille des bois, codée « C » pour climber. Ces plantes de haie rappellent qu'une fleur discrète compte aussi : un troène n'est pas cultivé pour son bouquet, mais il figure dans un répertoire fondé sur l'intérêt pour les pollinisateurs.

Une précaution vaut pour tout ce groupe. La RHS étend sa liste aux sous-espèces et cultivars, sauf ceux qui offrent nettement moins de pollen et de nectar, ce qui inclut la plupart des fleurs doubles. Une marguerite très double ne rend donc pas le même service qu'une forme simple.

Septembre et octobre : une marguerite tardive pour finir

L'automne tient en une seule ligne, Leucanthemella serotina, une vivace que la RHS nomme autumn ox-eye. Le genre n'a guère de nom courant en français hors de « marguerite d'automne », si bien que la lettre L ne survit ici qu'en latin. Pour étirer un massif jusqu'à cette période, le choix se fera sur la floraison plus que sur l'initiale. L'agastache, listée en été par la RHS, peut alors assurer le relais de la saison chaude.

Lis, lilas, lupin : ces noms attendus restent valables

Le répertoire de la RHS ne contient ni lis, ni lilas, ni lupin. Il ne cite pas non plus le lobélia, le lantana, le lotus, la lavatère ni le lisianthus. Cette absence ne dit rien de leur valeur au jardin : le document sélectionne des plantes pour les pollinisateurs, il ne prétend pas recenser toutes les fleurs. Ces noms, repris par les listes alphabétiques les mieux placées, gardent toute leur place dans une réponse.

Une liste complète pour la lettre L réunit donc deux ensembles. D'un côté, les noms du répertoire qui commencent vraiment par L en français : lamier, laurier, lavande, leucanthème, liatride, limnanthe, linaire, lobulaire, lunaire, lysimaque et lythrum. De l'autre, les noms courants absents du document : lis, lilas, lupin, lobélia, lantana, lotus, lavatère et lisianthus. Soit dix-neuf mots, tous français, à garder sous la main.

Prairie fleurie de marguerites blanches à cœur jaune, parmi les herbes vertes

Laurier rose : un nom en L à manier avec prudence

Le laurier-sauce du tableau ne doit pas être confondu avec le laurier rose, une autre plante. Celui-ci est cité par la FREDON Centre-Val de Loire parmi les végétaux reconnus pour leur toxicité à l'ingestion, dans la liste de 58 plantes de l'arrêté du 4 septembre 2020. Ce texte impose aux vendeurs de végétaux d'informer l'acheteur avant la vente, par exemple sur une étiquette, une pancarte ou un devis.

La FREDON rappelle, d'après l'Anses, que les centres antipoison recensent entre 8 000 et 9 000 cas d'intoxication aux végétaux par an, avec 30 cas graves pouvant conduire à des décès. Le réflexe vaut pour toute plante : en cas de symptômes, consulter un centre antipoison ou un médecin. La fiche de chaque plante listée se consulte sur le site plantes-risque.info.

Fleur en D : la même méthode, d'autres pièges

Le classement fonctionne pour toutes les lettres, et une recherche proche, la fleur en D, en donne un bon exemple. Le répertoire de la RHS y aligne le dahlia, en été puis en automne, le delphinium, la digitale, classée bisannuelle, le doronic au printemps comme en été, et le dictame. Le même décalage existe : Dianthus barbatus commence par D, mais son nom français usuel, œillet de poète, commence par O.

Pour répartir ces floraisons sur douze mois, notre ebook calendrier des travaux aide à caler semis et plantations mois après mois.

Questions fréquentes

Quelle fleur représente la lettre L ?

Aucune convention n'attribue une fleur à une lettre. La lavande, le lis et le lilas sont des réponses spontanées en français, et la lavande a l'avantage de figurer aussi dans le répertoire de la RHS.

Quels sont 10 noms de fleurs en L ?

Lavande, lis, lilas, lupin, lobélia, lunaire, lamier, linaire, lysimaque et lantana forment une liste simple, facile à reconnaître et valable en français.

Lis ou lys : quelle orthographe choisir ?

Les deux graphies désignent la même fleur. Dans un jeu de lettres, la règle se fixe avant la partie, car certains joueurs n'acceptent qu'une seule forme.

Les arbustes à fleurs en L comptent-ils ?

Oui, si la règle du jeu parle de plantes à fleurs : la lavande et le laurier sont des arbustes au sens de la RHS. Une liste de fleurs au sens strict écartera plutôt le troène, cultivé pour sa haie.

Peut-on utiliser un nom latin au Petit Bac ?

Cela dépend de la règle convenue à l'avance. Le nom latin élargit beaucoup le choix en L, avec Lonicera ou Ligustrum, mais un nom français reste la réponse la moins discutable.

Quelle fleur en L fleurit en automne ?

Dans le répertoire de la RHS, seule Leucanthemella serotina, une vivace, est listée pour septembre et octobre. Les autres plantes en L y sont classées en hiver, au printemps ou en été.

Sources et références

  • Royal Horticultural Society, RHS Plants for Pollinators – Garden plants — www.rhs.org.uk
  • FREDON Centre-Val de Loire, Les plantes à risques pour la santé humaine — www.fredon.fr